Je ne voulais pas faire croire ma fille au Père Noël…


Parentalité / 18 décembre 2019

La coutume du Père Noël, c’est quand même quelque chose. On peut retrouver ses origines en 270 après JC. Il a eu plusieurs visages jusqu’à aujourd’hui, la marque Coca-Cola lui ayant donné son image actuelle, mais il a toujours eu la même symbolique. Alors, lorsque l’on réfléchit à ne pas suivre cette croyance pour son / ses enfants, ce n’est pas complètement sans conséquence…

Pourquoi ne voulais-je pas faire croire ma fille au Père Noël ?

1ère raison : Parce que je déteste mentir.

Et ce depuis toujours. Oui ! Même gamine ! Il m’était alors impensable d’inventer des histoires pour répondre aux éventuelles questions de ma fille. Par ex : Comment le Père Noël fait-il pour entrer dans notre maison afin de déposer mes cadeaux ? D’ailleurs, on dit quoi maintenant que les cheminées sont en voie d’extinction ?!

Je n’aime pas entendre cette phrase :
« Le Père Noël ne passera pas si tu n’es pas sage. »

Parce que, franchement, qui a le courage de priver son enfant de cadeaux s’il n’est vraiment pas « sage » ? Sans compter que l’on se punit soi-même en plus. 
1ère parenthèse : (vouloir à tout prix un enfant sage… mais sont-ils heureux ces enfants « sages » ?)
2e parenthèse : (ça marche chez certains je le sais, mais l’enfant ne sera « sage » qu’en décembre, et le reste de l’année, on fait comment ?)

Donc on va lancer une phrase que l’on est certain de ne pas pouvoir tenir. L’exemple renvoyé à l’enfant ne me satisfait donc pas.

Et pourtant, c’est l’origine de cette tradition :

Converti au christianisme et mort en martyr autour de 345, l’évêque (Nicolas de Myre) fut canonisé par l’Église et fêté le 6 décembre dans plusieurs pays d’Europe du Nord et de l’Est. On le représente en train de distribuer des cadeaux aux enfants sages et on retrouve déjà certains de ses attributs dont la barbe blanche et la doublure rouge du manteau.

Source : Le Parisien 

Ainsi, comme beaucoup d’expressions que les parents emploient encore aujourd’hui, on se la traîne depuis des lustres ! 

2e raison : Pour respecter l’imaginaire de ma fille

Selon Maria Montessori : « Nous croyons […] développer beaucoup l’imagination de l’enfant en lui donnant à croire comme vraies des choses fantastiques ; ainsi, par exemple, Noël est personnifié dans certains pays latins par une vilaine femme, la Befana […]. Dans les pays anglo-saxons, au contraire, Noël est un vieillard caduc, couvert de neige, qui porte dans un panier énorme les jouets aux enfants, en rentrant réellement la nuit dans leur maison. Mais comment ce qui est le fruit de notre imagination pourrait-il développer l’imagination des enfants ? Nous seuls imaginons et non eux : ils croient, ils n’imaginent pas. La crédulité est, en effet, une caractéristique des esprits non évolués auxquels manquent l’expérience et la connaissance des choses réelles, et auxquels l’intelligence qui distingue le vrai du faux, le beau du laid, le possible de l’impossible fait encore défaut. » (Pédagogie scientifique, tome 2)

Source : bloghoptoys 

J’ai lu maintes fois qu’il est préférable de ne pas intervenir dans l’imaginaire de nos enfants, de ne pas les influencer et leur donner nos idées. Leur imaginaire se construit grâce à nos lectures, récits, contes, balades, aux objets qu’ils découvrent, aux activités créatives qu’ils font. Leur imaginaire se développe pour les aider à répondre à certaines questions qu’ils ne sont alors pas encore en mesure de répondre dû à leur jeune âge. 

Jimmy n’aimant pas mentir lui non plus, on a beaucoup réfléchi à cette question, on ne savait pas se positionner. D’un côté, on voulait respecter nos valeurs et de l’autre, il est vrai que cette magie du Père Noël est somme toute sympathique. Et puis, il y a le risque de se faire huer par les autres parents parce que l’on a choisit de voir les choses différemment, la crainte que notre enfant révèle à ses camarades la supercherie… ^^

Alors, qu’avons-nous décidé ?

Non, ce n’est pas nous qui avons pris cette décision et c’est tant mieux. C’est notre fille qui a choisit elle-même.

C’était lors d’un spectacle organisé par mon Comité d’Entreprise, Choupie avait alors 1 an 1/2. Elle a assisté au show du magicien relativement calme, même si cela n’était malheureusement pas adapté à son âge. Et puis ses yeux se sont figés à l’arrivée du Père Noël. Elle était très intriguée et complètement fascinée. Et quand le rideau est tombé, elle s’est mise à le chercher. On sentait la déception chez notre petite fille…

Photo by Chris on Unsplash

On a eu notre réponse ce soir là (merci Choupie ! Tu nous as enlevé une épine du pied !). Dans notre voiture sur le trajet du retour, nous avons alors décidé de ne pas lui parler de cette tradition et dans le même temps, de la laisser croire à ce qu’elle souhaite.

Concrètement, comment faisons nous ?

Depuis ce jour, nous évoquons certes ce personnage que l’on croise de toute façon beaucoup chaque mois de décembre (et Choupie est tellement fan qu’elle met plusieurs mois à s’en remettre et pourrait nous en parler presque toute l’année ! Sans compter la chanson du Père Noël que l’on chante plusieurs mois durant… ^^), cependant nous n’avons jamais parlé du fait que c’est lui qui distribue les cadeaux. Notre famille (et l’entourage en général) s’en est chargé à vrai dire. 

De cette manière, nous respectons nos convictions et ne risquons pas de nous perdre en élucubrations pour répondre à ses questions. Et dans le même temps, elle a l’air d’avoir tellement envie d’y croire à cette coutume que nous n’avons pas le coeur à l’en priver. Mais en y repensant, même si elle adore ce personnage (dont elle a peur en même temps… faut suivre !) et qu’elle sait que Noël = cadeaux, elle n’évoque pas souvent le lien entre les deux.

Pour notre boîte aux lettres de l’avent, j’ai créé une carte explicative qu’elle et sa soeur Bella ont reçu la veille du 1er décembre. Pour mettre toutes les chances de mon côté et l’inciter à relever les défis avec sa petite soeur, j’ai mis en scène Olaf (c’est la folie Reine des neiges chez nous aussi !). Mais j’étais loin de penser qu’elle s’imaginerait vraiment ce dernier en train de lui envoyer du courrier… En effet, par deux fois, elle est allée voir si Olaf lui avait envoyé une carte…

Oups…

Mal à l’aise parce que je me suis retrouvée piégée à mon propre jeu, j’avais créé une fausse histoire… je lui ai dit la vérité : « Non ma chérie, ce n’est pas Olaf, c’est moi qui ai créé cette boîte aux lettres et ces cartes, pour passer de bons moments ensemble avant Noël ».

Soit elle ne m’a pas entendue, pensive, soit elle ne veut pas l’entendre.

A quoi bon insister pour lui dire la vérité au risque de la décevoir énormément alors que, de toute évidence, elle veut vivre dans son imaginaire (dont elle ne manque absolument pas 🙂 ) ? 

Comment dire la vérité à son enfant ?

Il y a deux cas de figure dans les nombreux témoignages que j’ai pu lire sur ce sujet :
–  Le jeune enfant (voire l’adulte s’il en a gardé le souvenir) a mal vécu d’apprendre la vérité.
– Le jeune enfant n’a pas été traumatisé par la nouvelle (Jimmy et moi en faisons partie).

Je l’avoue un peu égoïstement, on pourra dire à Choupie : « Mais ma fille, on ne t’a jamais fait croire à quoi que ce soit nous ! » Bon, dans le même temps, on t’a laissé gober cette histoire. Donc bon… on révise notre excuse…

J’ai longtemps cherché une explication qui nous conviendrai, avec laquelle nous nous sentirions à l’aise. Et je l’ai trouvée :

Chacun d’entre nous est un Père Noël en fait et a le pouvoir
de donner du plaisir et de faire des cadeaux à qui il le souhaite. 

C’est déjà ce que nous essayons de leur inculquer. Au travers de notre accompagnement dans leur vie. Grâce à cette boîte aux lettres de l’avent qui est là pour leur faire plaisir à elles. Mais également pour qu’elles puissent s’entraider entre soeurs et pour leur transmettre le partage, le don de soi ou de quelque chose, l’envie de faire plaisir tout simplement… 

A lire sur ce sujet : Ma boîte aux lettres de l’avent coopérative et minimaliste

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Et chez vous ? Votre enfant croit au Père Noël ou non ? Comment abordez-vous cette croyance en famille ? 

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